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Le jour où je me suis réveillée dans une dystopie

graffiti on wall

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Le réveil se déclenche sur l’annonce de l’adoption de la loi immigration par le Parlement. « J’ai le sentiment du devoir accompli » déclare la première ministre. A cet instant mon cœur se déchire. Est-ce que l’extrême droite a ravi le pouvoir pendant la nuit ? C’est forcément un mauvais rêve… Ça y est le droit du sol n’est plus : pas de nationalité automatique pour les enfants nés sur le sol français de parents étrangers. La France ne fait plus partie des terres d’accueil. 700 ans d’histoire balayés en un dernier texte. Que vais-je dire à mes élèves à la rentrée : « Vous vous rappelez notre discussion sur ce qui nous définit ? Qu’on ne se résume pas à une seule chose, qu’on peut être pluriel. Qu’il faut pour se connaître savoir distinguer nationalité, croyances, origines, personnalité, identité. Qu’on peut avoir des choix à faire pour se définir. Et bien oubliez tout, car en ce qui concerne la nationalité ça a changé : vous ne serez plus français aussi facilement… Bonne année !?  »

Mais quelle est cette société où des ministres vont à l’extrême droite de la droite ? Certains doivent se demander s’ils ont bien « fait barrage à l’extrême droite » lors des dernières élections…

Dans ma dystopie, un ministre de l’éducation nationale veut labelliser des manuels : inédit depuis Vichy. Le même veut instaurer l’uniforme : inédit sous la République. Toujours lui : il veut faire des groupes de niveaux, contraindre les enseignants à une seule méthode, privilégier le redoublement, mettre en place du soutien grâce à « l’intelligence artificielle » (rappelons qu’il n’y a pas d’intelligence artificielle réelle, que c’est un abus de langage pour désigner une suite d’algorithmes créés par l’humain, donc partiels et partiaux) Mais qui est-il ? Un pédagogue, un didacticien, un enseignant : non rien de tout ça, il pérore dans le sens opposé de la recherche, des spécialistes, des compétent.e.s en la matière dont je le rappelle NOUS faisons partie. Il est temps que les enseignant.e.s se souviennent qu’ils et elles sont les compétent.e.s, les spécialistes, les professionnel.le.s de l’enseignement et personne d’autre que nous ne saurait le faire mieux !

Dans ma dystopie il y a aussi des enfants de mon école qui dorment dans des caves depuis plusieurs semaines. Ils ont appelé le 115 mais la réponse est souvent la même : désolé mais nous n’avons pas de place. Les tentes installées à Paris faute de « place » ont été enlevées car ça ne le faisait pas pour les JO. Les JO et les valeurs du sport : mais lesquelles ? Ce n’est plus participer, solidarité, entre-aide mais compétition, mérite et victoire.

Mais voilà… Ce n’est pas un mauvais rêve et encore moins une dystopie, pas de réveil possible ni de FIN du film. C’est la France du 20 décembre 2023. Alors comme l’exercice des vœux de début d’année approche à grands pas je commence :

– Que 2024 soit l’année des victoires pour les opprimé.e.s, les oublié.e.s !

– Qu’elle soit pleine de victoires syndicales, politiques et humanistes !

– Luttons toutes et tous ensemble pour une société plus juste et émancipatrice !

Ça commence en janvier avec un combat pour l’amélioration des conditions de travail ! Venez nombr.eux.euses à la RIS le 24 janvier puis en grève le 1er Février.

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