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Direction d’école : Une volonté assumée d’instaurer une autorité hiérarchique dans l’école

Après une pause de 6 mois, l’agenda social sur la direction d’école a repris. Le ministère a fait parvenir les documents de travail le matin même pour un GT l’après-midi.

L’ordre du jour était composé de trois parties : « état des lieux et mesures déjà adoptées », « mesures à venir en termes de décharges et de revalorisation » et « délégations de compétences ».

En fin de semaine dernière, le ministère nous a reçu en audience sur le sujet. Une audience que nous avions demandée il y a plusieurs semaines et qui a été placée habilement juste après le 1er GT direction pour « déminer » la déclinaison envisagée de l’autorité fonctionnelle avec l’ensemble du cabinet : le dircab, son adjointe et la conseillère sociale.

Le ministère a donc réaffirmé le sens de ses propositions même s’il envisage éventuellement d’en retirer les plus grossières et va rendre les autres plus présentables sans changer la logique d’une volonté d’imposer un statut, réaffirmé comme « non-hiérarchique », à petites touches successives.

Compte-rendu du GT du 21 juin

1-Etats des lieux et mesures déjà adoptées : pour le SNUipp-FSU, les mesures prises en termes de de décharge et de revalorisation sont bien loin des attentes des collègues et des besoins du terrain. Quant à la circulaire du 25 août 2020, sa mise en place est très variable d’un département à l’autre.

Le SNUipp-FSU a dénoncé le peu de mise en place de décharge supplémentaire, faute de remplaçant-es, les comités de suivi où les organisations syndicales sont trop souvent écartées et qui n’ont pas les moyens nécessaires d’améliorer le quotidien des directeurs-trices. Par ailleurs, si le ministère dit avoir envoyé aux rectorats le calendrier annuel des sollicitations des directeurs-trices, avec des périodes blanches, il n’est visiblement pas souvent arrivé dans les écoles.

2-Mesures à venir en termes de décharges et de revalorisation :

La DGRH s’est fixé l’objectif d’attribution de décharges de direction d’école (6 600 ETP) sans annoncer de plan pluriannuel de programmation !

Bref si les annonces vont dans le bon sens, elles, elles ne sont pas financées. Le SNUipp-FSU a aussi fait remarquer qu’il faudrait envisager des mesures pour les très grosses écoles.

La DGRH annonce que le ministère compte poursuivre la revalorisation indemnitaire des directions d’écoles en 2022. Mais là encore, il ne s’agit que de promesses. Ces mesures annoncées sont suspendues au projet de loi de finances 2022, dont on connaîtra les grandes lignes en septembre après les arbitrages interministériels.

Rappel : le SNUipp-FSU revendique un plan pluriannuel pour mettre en place les 12 000 ETP qu’il estime nécessaires pour doter au minimum chaque directrice et directeur d’une décharge hebdomadaire et augmenter toutes les autres décharges. Concernant la revalorisation salariale, le SNUipp-FSU a rappelé son attachement à des mesures indiciaires.

3-Délégations de compétences :

Le DGRH ne cache pas que les délégations de compétences proposées au GT sont issues de la proposition de loi Rilhac, pourtant en attente de seconde lecture au Parlement, et donc pas encore adoptée. Il rappelle la cohérence des mesures proposées avec les conclusions du Grenelle de l’éducation.

Le SNUipp-FSU a exprimé son désaccord profond avec les propositions ministérielles conférant une autorité hiérarchique au directeur ou à la directrice, de nature à bouleverser le fonctionnement des écoles, notamment :

Le SNUipp-FSU a dénoncé un fonctionnement atypique, puisque le MEN se permet quasiment d’écrire les décrets avant même que la loi ne soit promulguée. A priori ce n’est qu’une question de temps …

Le SNUipp-FSU a dénoncé une dénaturation de l’école telle qu’elle existe aujourd’hui. Celle-ci aura des conséquences sur l’ensemble de son fonctionnement, et donc sur les élèves. L’objectif insidieux du MEN est d’avancer vers « un-e chef-fe » dans l’école. L’autorité hiérarchique lui sera conférée pour les rendez-vous de carrière, mais aussi dans d’autres domaines. L’équipe disparaît derrière un-e super directeur-trice qui sera bien isolé-e lorsqu’il/elle devra assumer toutes ses décisions.

Une partie du projet reprend des mesures issues du décret de 1989, donc déjà existantes., Quelques bribes de simplifications sont esquissées :

Pour le SNUipp-FSU, certaines lignes rouges ne doivent pas être franchies et la copie doit être revue. Par ailleurs, des pistes d’amélioration comme l’aide administrative, la simplification des tâches, l’amélioration des outils, ont complètement disparu des propositions, ce qui n’est pas acceptable.

Le ministère présentera ses conclusions le 2 juillet.

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