Compte rendu d’alerte sociale : pas de réelle réponse

Face à des personnels démunis et en souffrance, PE ou AESH, les silences de l’administration sont devenus insupportables.
L’absence de propositions de solutions renforce les difficultés, l’impression de déni, les sentiments d’abandon et de solitude.

Les sections départementales de la FSU-SNUipp ont pris la responsabilité d’exiger des réponses précises de l’administration. Le 28 novembre, 102 alertes sociales ont été déposées dans l’ensemble des départements. (Retrouvez ICI celle du 87)
Les DASEN avaient 72 heures pour recevoir les représentantes et représentants des personnels. Les premiers retours de ces audiences sont frappants et un bilan s’impose….Que ce soit sur l’inclusion, la question du remplacement ou des droits des personnels (temps partiels, autorisations d’absence…), les autorités départementales renvoient de façon très majoritaires ces problématiques au manque de moyens qui leur est imposé et donc à la responsabilité du Ministère. Preuve que la mesure du malaise n’a pas été prise ! (le compte rendu de l’audience DASEN en Haute-Vienne ne dénote pas dans ce paysage)

Ces alertes auraient pu amener le Ministre à envisager des annonces propres à apaiser la situation. Alors que la réunion ministérielle concernant les conditions de travail est une nouvelle fois repoussée, Gabriel Attal profite de la parution des résultats de l’enquête PISA pour annoncer un renforcement de sa politique éducative. Celle-ci s’apparente à une école inégalitaire qui trie les élèves plutôt que de les accueillir toutes et tous dans leur diversitéUn retour aux “bonnes vieilles méthodes”, en contradiction avec les résultats de la recherche, qui ne vise qu’à limiter encore un peu plus la liberté pédagogique des enseignant·es sans répondre aux difficultés des élèves : manuels estampillés par le Ministère, méthode unique de mathématiques, mise en avant du redoublement

Les personnels attendaient des réponses sur le manque de moyens pour une école de l’inclusion et de la réussite pour toutes et tous. Une école ambitieuse pour les élèves et respectueuse des personnels en leur permettant d’exercer dans des conditions sereines, avec des salaires à la hauteur et des droits effectifs… Mais aucun de ces chantiers ne figure dans le long courriel d’auto-promotion que le Ministre a envoyé aux personnels. Il se garde bien d’ailleurs d’annoncer aux personnels les 1709 suppressions de postes à la rentrée 2024 dans le premier degré. (La Haute-Vienne représentant globalement 1% du national, ce sont donc environ 17 postes à rendre au ministère ! Cela annonce une carte scolaire saignante !)

Suite à ces annonces, ressenties comme une provocation, la FSU-SNUipp exige d’être reçue au Ministère. Le syndicat est fermement opposé aux injonctions pédagogiques et autres retours en arrière que sont les différentes mesures . Il est d’autant plus choqué que ces dernières sont faites dans un contexte social très dégradé, et qu’aucune annonce sur une annulation des suppressions de postes par exemple n’a encore eu lieu.