Application e-agent : modernité ou asservissement ?

L’académie de Limoges est un territoire d’innovation pour l’Éducation Nationale mais à quel prix ? Après le test en avant-première des classes de CP et CE1 dédoublées voici venu le temps de l’application E-AGENT…

Sous prétexte de vouloir « moderniser l’image de l’institution » l’administration teste une application qui semble très ambiguë… Les utilisateurs auront accès à leurs informations administratives et à des « services » sur leur smartphone.

Plusieurs interrogations se posent alors :

  • Quel smartphone ? L’Éducation Nationale envisagerait-elle de nous fournir un téléphone professionnel ? Si ce n’est pas le cas voilà encore une brèche entre le temps/espace professionnel et personnel !
  • Avec quel forfait ? Il va bien falloir des données mobiles ou du wi-fi pour user pleinement des possibilités de cette nouvelle application…. Là encore est-ce fourni avec le nouveau smartphone ?

Le deuxième argument de notre institution est « harmoniser les bonnes pratiques » … Ce vocabulaire tout droit sorti des écoles de management fait peur. Selon le SNUipp-FSU87, les bonnes pratiques seraient : déconnexion entre inspection et rémunération, droit à la déconnexion sur le temps personnel, déconnexion entre direction et hiérarchie, déconnexion du logiciel libéral et des algorithmes d’apprenti comptable mais aussi connexion des décideurs avec la réalité (non virtuelle) de terrain, restauration uploadée de nos acquis sociaux et sauvegarde de l’idéal de service public…

Le rôle de l’Éducation Nationale est sans doute d’accompagner les futurs citoyens dans la modernisation d’une société mais aussi d’être le garde-fou des dérives de celle-ci. Une application de gestion des personnels sur téléphone ne constitue pas un progrès mais bien un moyen supplémentaire d’asservir des agents de l’État. « École de la confiance » qu’il disait… Mon œil ! École de la soumission, de la surveillance, du contrôle !

Nous avons tous appris, surtout depuis l’an dernier, qu’il est très facile de surveiller les connexions des uns et des autres (dans notre cas celles de nos élèves, mais dans le contexte de cette application, celles des enseignants) et d’en tirer des conclusions et des conséquences.

La première conséquence de notre point de vue sera : NON à E-agent !

Et les conclusions : Oui à une école à la hauteur d’une société moderne, solidaire et juste !