Inouï ! Récompense faite aux personnels volontaires !

Dans la lettre d’information#54 du ministère on lit en encadré :

Les personnels qui ont été volontaires cette semaine (du 6 au 10/04) pour l’accueil des enfants des personnels prioritaires bénéficient d’une dérogation aux règles de limitation des déplacements pour pouvoir rejoindre ce week-end un lieu de villégiature pour les congés de printemps.

(Silence)

La vision de l’école de Blanquer, c’est ÇA !

Sa vision sur la notion de mérite. Parce qu’elle le vaut bien disait le slogan.

On aurait pu se croire à la lecture de cette pitoyable phrase génératrice de traitement différencié entre collègues que l’on était revenu au 1er avril, que c’était un beau poisson et que l’on pouvait en rire de bon cœur.

Mais on est le 10 avril, 2021, et en pleine virulence pandémique.

Et le Ministère use de la récompense méritocratique proposée aux seul.e.s enseignant.e.s volontaires pour la garde des enfants prioritaires. Sans verser un euro au passage, faut pas exagérer !

Il permet donc à des personnels qui ont été exposés aux élèves les plus à risque, leurs parents étant potentiellement au contact de malades, de pouvoir déroger aux règles du nouveau « confinement » en rigueur. Au nom du mérite !

Au passage, des collègues auraient bien aimé pouvoir être volontaires, mais leur santé ne le leur permettait pas.

D’autres ne pouvaient pas gérer tout à la fois l’école à distance et la garde des enfants…

Enfin, dès mars 2020, les volontaires n’ont jamais ni réclamé, ni attendu une quelconque prime qui, à l’époque, ne concernait pas celles et ceux qui avaient gardé les enfants moins de 4 jours. De plus, « Récompenser » (de cette manière, ou d’une autre d’ailleurs) les collègues concerné.e.s est en décalage avec la notion de solidarité. Beaucoup d’enseignant.e.s ont vu avec (mauvaise) surprise que beaucoup de professions étaient ignorées, à commencer par les hôtesses de caisse. 

Plutôt que des primes, ce qu’attendent les enseignant.e.s, c’est une réelle revalorisation et le fin du gel du point d’indice qui, depuis 2010 et sans en avoir l’air, agit sur notre pouvoir d’achat comme les vagues sur la côte, mais en version accélérée !

Nous vivons une bien triste époque…