Évaluation des écoles : innovant…ou rétrograde ?

Depuis la rentrée 2021, le ministre lance une expérimentation portant sur l’ « évaluation des écoles ». Initié cette année dans chaque département, normalement sur la base du volontariat, ce dispositif a vocation à être généralisé dès la rentrée 2022, sur la base annuelle de 20% des écoles, soit à terme une évaluation tous les 5 ans pour chaque école.

Issue de la loi dite « pour une école de la confiance », massivement rejetée par la communauté éducative en 2019, cette évaluation se déroule en deux phases :

  • une phase d’autoévaluation, qui aurait pour but « d’analyser l’école dans sa globalité » en intégrant les temps scolaires (acquis des élèves, vie dans l’école) et périscolaires, en faisant participer les enseignant·es, les parents, les élèves et la collectivité locale.
  • une phase d’évaluation externe, conduite par des personnels désigné·es par le ou la DASEN et n’intervenant pas dans l’école (IEN, directeur·trice, chef·fe d’établissement, CPC, enseignant·e…), qui produisent un rapport d’évaluation.

S’il est nécessaire de prendre du recul sur les pratiques professionnelles, individuelles et collectives, sur le fonctionnement de l’école, le SNUipp-FSU dénonce l’absence de temps dédié et la charge supplémentaire de travail induite, particulièrement pour les directeurs·trices d’école.

Enfin, le SNUipp-FSU alerte sur les indicateurs proposés :

  • les évaluations nationales de CP et CE1, largement contestées par les enseignant·es comme la communauté scientifique, donnent un image biaisée de la réussite des élèves, en ne prenant en compte qu’une part réduite des compétences
  • un questionnaire « de satisfaction » aux parents et aux élèves amènent plus à évaluer les attitudes et pratiques des enseignant·es. Cela risque d’instaurer une relation « clientéliste » qui est inacceptable et en opposition avec les missions et valeurs du Service public.

Comment ? Vous ne les trouvez pas innovantes ces évaluations avec smileys, notes de 1 à 10 et petits pouces vers le bas ? Il faut donc vous rendre à l’évidence vous ne partagez pas la vision blanquérienne de l’innovation, de l’école de la confiance !

Quel que soit le diagnostic posé, au regard du budget insuffisant alloué à l’éducation nationale, les équipes perçoivent bien qu’il ne sera pas possible d’agir sur des éléments pourtant majeurs à la fois pour la réussite des élèves comme pour les conditions de travail des personnels : effectifs par classe, formation continue des enseignant·es et AESH, aides spécialisées…

Le SNUipp-FSU s’oppose à cette démarche qui relève plus d’une forme de « management » que d’un levier pour améliorer la réussite des élèves. Le risque est grand d’accentuer la mise sous tutelle des équipes enseignantes, les plaçant dans une logique de « comptes à rendre ».

Le SNUipp-FSU s’oppose à ce dispositif d’évaluation d’école et appelle les équipes des écoles à ne pas y participer.

Si vous avez été outrés par ces extraits, cette vision de l’école, que vous sentez l’exaspération vous gagner et une envie irrépressible d’exprimer votre point de vue, vos exigences pour une école émancipatrice pour tous les élèves : syndiquez-vous ! Ensemble on est plus fort