Après l’acte I et II, les revoit-ci les revoit-là : les résidences pédagogiques… Ah non pardon le « chantier pédagogique et didactique ».
Fort du succès de nos articles sur le sujet voici l’acte III : d’abord changement de nom, la « résidence pédagogique » n’était plus assez consensuel…
« Le chantier pédagogique et didactique, pour concrétiser la plus-value de la mesure classes dédoublées ». Ce titre pourrait être : « évaluer les enseigant.e.s exerçant dans les classes dédoublées de REP ». Il indique qu’il s’agit de la version REP de la résidence pédagogique.
Mais en quoi cela consiste-t-il ?
Attention danger de surcharge cognitive pour les lecteur.ices :
- 2h de réunion de présentation du chantier en P1 (en plus des 18h d’anim péda)
- Questionnaire d’auto-positionnement à compléter chacun chacune en P1 également
- transmettre son emploi du temps à la circonscription avant la visite
- 1/2 journée de visite à être observé.e dans sa classe par l’équipe de circonscription
- 1/2 journée avec les membres de la circonscriptions suite aux évaluations nationales
- entretien sur le midi et deux ou après la classe suite à la visite (sur quel temps ? ben le notre perso…)
- Transmission d’un compte-rendu de l’équipe de circonscription aux collègues des classes dédoublées
- Bilan avec le ou la directeurice
- P3 : 2ème visite (quand on aime on ne compte pas, ah ben si en fait dans le milieu professionnel on compte ! )
- Régulation avec les directeurices et bilan…

Alors que faire ?
1 : dire NON collectivement
2 : appeler la FSU-SNUipp87 au 05 55 43 27 30 pour avoir des infos, du soutien
3 : s’informer :
La FSU-SNUipp a réaffirmé lors de son congrès national en juin 2025 au sujet du pilotage par les évaluations :
« Le ministère a généralisé les évaluations standardisées à tous les niveaux du CP à la seconde, contre l’avis
de la profession. Elles sont de puissants outils de gouvernance et de contrôle des pratiques, promus
notamment par les Conseils académiques des savoirs fondamentaux qui les ont installées au centre du
pilotage de toute la chaîne hiérarchique.
Elles servent de matrices pour les plans de formations, pour le pilotage des équipes par les directions
d’écoles et organisent une intrusion dans les pratiques de classe, un contrôle des gestes professionnels
par la focale mise sur des entrées restrictives dans des compétences de bas niveau. Ces évaluations
aboutissent ainsi à une remise en cause de la professionnalité enseignante et de la liberté pédagogique,
notamment par l’introduction de “bonnes pratiques”. Elles nient leurs compétences en termes d’analyse
des procédures et des erreurs. Elles sont aussi un outil de sape des attendus de fin de cycle au profit de
repères annuels qui renforcent l’école normative et sélective. Elles constituent une injonction paradoxale
plaçant les élèves en situation d’insécurité dès la rentrée et mettant les enseignant.es dans des postures
intenables. Elles sont une pression sur les collectifs de travail et ouvrent la voie à une mise en
concurrence des enseignant·es et des écoles. Elles conditionnent parfois le déploiement des aides
apportées notamment par le RASED.
La FSU-SNUipp exige l’abandon de ces évaluations néfastes, poursuit la mobilisation contre elles et
soutient les personnels qui s’y opposent.«
