Carte scolaire : pauvre bilan d’étape

Rentrée 2026 : 3 742 classes supprimées dans les écoles dont 23 en Haute-Vienne

La FSU-SNUipp dénonce une politique d’austérité sans précédent dans le premier degré

La rentrée 2026 s’annonce comme l’une des plus destructrices pour l’école publique depuis le début des mandats d’Emmanuel Macron.

Selon les dernières remontées départementales des cartes scolaires (pour 97 départements), 5 914 classes fermeront à la rentrée 2026 pour seulement 2 172 ouvertures, soit un solde de 3 742 suppressions de classes dans le premier degré.

Ce niveau de fermetures est supérieur de 60 % par rapport à celui de 2025 à la même époque.

Pour la FSU-SNUipp, la baisse démographique sert une nouvelle fois de prétexte à une politique d’économies budgétaires, alors qu’elle devrait permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage des élèves et les conditions de travail des personnels.

En 2017, Emmanuel Macron faisait de l’école primaire une priorité politique en s’engageant à créer 12 000 postes dans un contexte de baisse des effectifs. Neuf ans plus tard, le discours est totalement inverse et la baisse des effectifs sert de prétexte aux suppressions de postes (fermetures de classes et d’écoles).

Derrière ces chiffres, les conséquences sont multiples pour les écoles : classes plus chargées, difficultés accrues pour remplacer les enseignants absents, manque d’enseignant⋅es spécialisé⋅es, fragilisation des équipes pédagogiques et moins d’accompagnement pour les élèves à besoins spécifiques.

La baisse démographique devrait constituer une opportunité pour l’école publique et les élèves en conservant les postes existants. Mais le ministère fait aujourd’hui le choix inverse.

Des moyens gelés pour un dispositif désavoué

Ces fermetures de classes sont amplifiées par la création de 800 postes pour généraliser les Pôles d’appui à la scolarité (PAS). Ce procédé, déjà contestable, devient aujourd’hui inacceptable après le rejet de l’article créant les PAS par l’Assemblée nationale le 11 mai dernier.

En Haute-Vienne, 5 classes ont été fermées pour ouvrir 5 postes de coordonnateurs de PAS. Et M. Brevet, le DASEN a déjà prévenu que l’année prochaine il faudrait créer 7 autres postes de coordonnateurs pour finaliser la mise en place des PAS sur l’ensemble du département.

En s’obstinant à ouvrir ces postes sans y consacrer des moyens dédiés, le ministère organise une pénurie artificielle sur le terrain. Ces moyens sont prélevés sur les ressources vives de l’école — au détriment du remplacement, de l’éducation prioritaire et de la présence d’enseignants devant les élèves — pour alimenter un dispositif dont la légitimité est désormais contestée y compris par le vote parlementaire.

L’école inclusive et l’aide aux élèves en difficulté ne peuvent se satisfaire de transferts comptables et nécessitent des créations de postes dédiés.

Le communiqué de presse complet de la FSU-SNUipp :